28.11.2008
Peire Raimon
Le blocage ici a cela de bien qu'il me fait alimenter ce blog soit par mes écrits nouveaux, soit par mes écrits anciens, soit encore par mes découvertes...Aujourd'hui, je vous présente le poème d'un troubadour toulousain...ça remonte les siècles...
Petite biographie:
"Peire Raimon de Toulouse, le Vieux, était fils d’un bourgeois. Il
se fit jongleur et s’en alla à la cour du roi Alfonse d’Aragon
(1162-1196); et le roi l’accueillit et lui fit grand honneur. Il était
savant (en poésie) et subtil; il savait bien chanter et bien trouver,
et il fit de bons vers, de bonnes chansons et de bonnes compositions;
et il resta à la cour du roi et du bon comte de Toulouse, son
seigneur, et à la cour du seigneur Guilhem de Montpellier, longtemps.
Puis il prit femme à Pamiers, et c’est là qu’il mourut."
L'un de ses poèmes:
I.–Maintenant j’ai bien appris d’Amour comment il sait frapper de son
dard; mais comment ensuite il sait gentiment guérir, cela je ne le
sais pas encore. Je connais le médecin qui seul peut me donner la
santé, mais à quoi cela me sert-il, si je n’ose lui montrer ma plaie
mortelle?
II.–Je mourrai par ma sottise, car je ne vais pas lui montrer et dire
la douleur qui me fait souffrir; personne ne peut me donner un remède
contre cette douleur sauf la dame gaie et courtoise, que j’aime et que
je chéris tant que je n’ose lui crier pitié, tellement j’ai peur que
cela lui déplaise.
III.–J’ai un grand désir de pouvoir venir à genoux vers elle, d’aussi
loin qu’on pourrait la voir, de venir vers elle mains jointes, lui
faire hommage, comme un serf doit le faire à son seigneur, et en
pleurant implorer sa pitié sans crainte des mauvaises gens.
IV.–Bonne dame où nous voyons tous biens naître comme graines et
fleurs, puisque je vous aime et vous désire tant, je vous crie pitié;
que pitié et ma bonne foi me viennent en aide auprès de vous, car je
garderai bien mon secret et je vous serai plus fidèle–que Dieu me
protège!–que Landric ne le fut à Aye.
V.–Qu’aucun homme ne me dise de flatterie pour entendre mon coeur
( c.-à-d . le fond de ma pensée, de mon coeur) (–car je saurai
lui dire gentiment un mensonge!–) pour que après qu’il m’aurait trahi
il criât ensuite ma sottise. Mais je suis si dur à l’épreuve que vous
pourriez me faire dire plutôt que la bure de presset est de la
laine.
VI.–Je veux prier Mon Diamant, que j’aime tant, de réciter ma chanson
à Toulouse.
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27.11.2008
En route
C’est par un beau matin clair que tu prendras tes affaires
Tu ne te retourneras en aucun cas, ton chemin filera droit
Sur la rondeur de cette terre tu as laissé une empreinte, un pas
Et des royaumes sans ombre tu as gardé la sauvage poussière
Mais il est temps, tu as entendu l’appel, tu as senti le vent
Tu t’es levé et d’un pied sûr, tu as franchi les rapides courants
Rien ne te fait dévier de cette étroite route qui t’a décidé
Des mystères subsistent mais tu n’y prêtes plus tes pensées
Ta loyale boussole ne te montre qu’un ultime grand Nord
Et ton navire fougueux refuse de s’embourber dans ces ports
Alors tu files, tu avances, tu détruis, tu ruines et défriches
Ce nouveau sentier, cette curieuse voie dont tu t’entiches
Une sourde colère gronde en toi, c’est l’orage qui te meut
Celui-là même qui naguère créait en toi les nuages bleus
En route, camarade, ce dernier chemin de guerre sera le tien.
Écrit le 27/11/08
19:45 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2008
L'ignorant
Voici un poème d'un auteur que j'ai appris à lire, à apprécier... "Jaccottet", toujours vivant et dont les mots interrogent ce silence en nous, ces sentiments que nous ne pouvons saisir...Il travaille sur notre impalpable..Ce poème s'appelle L'ignorant et c'est en ignorante que je le lis encore en cette après midi de blocage en Guyane. (Pour ceux qui ne le savent pas, une grande majorité d'ailleurs, la Guyane est en ce moment complètement paralysée par un mouvement qui se bat pour faire baisser le prix de l'essence ... nous sommes le département français avec le prix à la pompe le plus cher : 1.77 ... il est prévu encore une augmentation en janvier... Ici nous sommes tous solidaires malgré quelques "échauffourées" comme on peut le lire ds un journal réunionais....l'ambiance est plutôt bon enfant et les barrages bien acceptés...) (enfin je m'éloigne de la poésie...)
Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance,
plus j'ai vécu, moins je possède et moins je règne.
Tout ce que j'ai, c'est un espace tour à tour
enneigé ou brillant, mais jamais habité.
Où est le donateur, le guide, le gardien ?
Je me tiens dans ma chambre et d'abord je me tais
(le silence entre en serviteur mettre un peu d'ordre),
et j'attends qu'un à un les mensonges s'écartent :
que reste-t-il ? que reste-t-il à ce mourant
qui l'empêche si bien de mourir ? Quelle force
le fait encor parler entre ses quatre murs ?
Pourrais-je le savoir, moi l'ignare et l'inquiet ?
Mais je l'entends vraiment qui parle, et sa parole
pénètre avec le jour, encore que bien vague :
« Comme le feu, l'amour n'établit sa clarté
que sur la faute et la beauté des bois en cendres... »

20:44 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.11.2008
Poussières
Dans une cave sombre,
dans un sous-sol sans lumière,
enfoui dans un univers de poussière,
une coeur battait péniblement,
étouffant sous les grains
de saletés, sous les
immondices des années,
un semblant de vie.
Mais ce coeur malgré le
manque ne souhaitait que l'air.
Puis vint enfin le balayeur du soir.
Armé de sa seule peur,
il décrivit un arc et
remit de la lumière
dans ce coeur
plein de poussière

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Le détour
Au détour des ruelles
Douceur du rêve où la vie s’abreuve
Abordant cela comme une épreuve
L’homme sans peur se sent trembler
Accusant la fourbe humaine marée
Au détour des sentiers
L’illusion végétale mêle les parfums
Qui seront la mémoire de ses mains
L’ombre d’un chêne veille au temps
Qui sépare les malhabiles enfants
Au détour de tes yeux
Petit chemin langoureux d’un ailleurs
Qui conduira au cadran sans heures
Couleur d’espoir et de sourire clair
L’éveil ne sera plus jamais amer

13:05 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.11.2008
Aux soirées perdues
Cette impression de bulle Me tetanise, me glace d'effroi
Les souvenirs se décomposent Se fragmentent Se brisent
Toujours là, Imperturbable, je cherche vainement Pourquoi
Toujours cette fichue mémoire, cet océan, ce déversoir
Ces fantômes qui s'accrochent au fond de ma gorge
Entraînent avec eux, sans le vouloir, les tristes soirs
De ma bulle, j'entrevois, je revois ces Visages du passé
Loin et pourtant si près que je pourrais presque leur parler
Mais je n'ose pas, Je ne veux relancer le Cataclysme
Changer le cours de la vie et détraquer le Mécanisme
Pourtant Aujourd'hui à l'inverse d'Hier résonne plus clair,
Et enfin Des tendres promesses je retrouve encor l'air
Mais, sombres et Indélébiles comme la marque de Caïn
Me poursuivent les effluves nauséabondes du Destin...
02:17 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.11.2007
vieux poème retrouvé sur une clé USB: le mirroir
12:30 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.03.2007
Si...
Hommage ce matin à un poème qui pour moi a longtemps été une lumière....
SI...
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils
R. Kipling
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07.01.2007
Quand la nuit tombe
Un vieux poème...
Quand la nuit tombe, je voyage dans le monde des Dieux
Et quand vient le matin, je m’éveille dans un monde creux
Chaque jour la vie s’évapore un peu plus de mon corps
Et chaque nuit, dans ce paradis, je m’enfuis davantage encore
On dit de moi que je suis une jeune feuille verdoyante
Que je suis un bouton de fleur, à son aurore, enivrante
On dit que je n’ai point à craindre de suite le grand hiver
Mais l’aveugle faucheuse s’empare aussi des blés verts
Alors de mes voyages nocturnes je me nourris
Et sur le papier, à l’encre, je les retranscris
Afin qu’au soir de mes tendres épis
Je puisse me retourner sans honte et sans envie
Et dire, c’est fini, mais je fus celle qui
Voyageait quand tombait la nuit…
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17.10.2006
Mélanz’
Et la main aux couleurs mélangées
Sera toujours là pour parler de ces mots étrangers.
Elle ouvrira au monde
Ce petit bout de terre où l’eau du ciel gronde.
Jeune présomptueuse,
Quelle parque absurde crois-tu être
Pour tisser de ta voix cette île voluptueuse ?
Dans quels cirques aux crêtes sans maître
Dans quels sables aux coraux flétris
Trouveras-tu chaque jour l’écho d’une vie ?
Cette terre est mélange et c’est là
Dans le mélange qu’elle sera.
2.2.06
09:58 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








