30.11.2008

à ma mauvaise conscience.

Aux étranges soirées d’émeutes se succèdent les nuits trop calmes
Celles où paisiblement vous n’êtes plus en dehors du temps.
Celles où le moment de réfléchir est venu. Hors de l’action, il reste l’abîme.
Voici un dialogue de conscience à conscience.

Il y a des chemins qui se prennent parfois qui ne sont pas ceux que nous aurions désirés mais qui sont ceux qu’il fallait prendre.
La raison est meilleure conseillère que le cœur. Pascal avait raison.

Tu te trompes feu follet

Tais-toi mauvaise conscience, Gemini criquet à la noix
Regarde ta vie à toi. Tu as suivi ton cœur et tu te retrouves encore plus seul.

Pff, si c’est de cela dont tu as peur, rester seule. Alors oui, reste, englue-toi dans cette vie bien sage.
Ne parle plus de mouvement, sois celle qu’il veut que tu sois.

Il m’a dit qu’il me suivrait, il m’a dit que le plus beau mouvement que l’on puisse faire se fait à deux.

Et toi ? Qu’en penses-tu ? Assez amoureuse pour y croire ? Ou trop amoureuse pour voir ?
Allons, tu l’as dit toi-même, souviens-toi : « on ne change pas une pierre en miroir poli »

Ce n’était pas dans les mêmes circonstances, tu le sais.

Ne vois-tu pas que tu refais les erreurs semblables…Mettre de côté ce que tu es pour leur soi-disant bonheur ?

Tu dis ça parce que tu ne connais pas ce bonheur. Je suis capable de plier sans casser, de rester lumière sans faiblir. La vie de couple ne doit pas empêcher cela. A moi d’être moins inflexible sur ce que je suis, de couvrir de temps en temps le feu pour ne pas l’écraser lui.

Donc tu préfères te briser ? Regarde, tu n’écris plus. N’est-ce pas un signe ?

Oui c’est le signe que je n’écris que lorsque rien ne va. Et donc que j’allais bien avant. Avant que tu ne sèmes le doute.

Tu allais si bien ? Alors pourquoi ces soirées perdues ? Pourquoi ces soirées collée au noir dans un coin du balcon ? Pourquoi ? Parle si tout va si bien ?

Parce que… je suis ainsi faite ? Que parfois je dois me fermer. Ce n’est pas lui qui est cause. C’est moi. Il est entier lui. Moi je penche, je doute, réfléchis. Trop. Jusqu’à faire mal. Lui est droit, intègre. Moi faite d’illusions.

Et voilà que tu remets ça…et lui il est parfait et toi une pauvre idiote. Oh ben heureusement qu’il t’a ramassée !

Que tu es bête. Et tu en deviens méchant. Laisse-moi Mauvaise conscience.

Tu veux que je te laisse parce que tu sais au fond de toi que j’ai raison et que tu n’as pas mon courage.

Ton courage ? De qui te moques-tu ? Quel courage faut-il pour ne pas tout essayer et abandonner dès que dans ton couple cela ne va pas comme tu le voudrais ? Pour moi c’est de la lâcheté de ne pas tout tenter.

Oui, vas-y, lâche ton venin. Passe ta rage sur moi. Je n’ai rien à faire dans ce qui te tourmente mais au lieu de te regarder toi, tu te détournes et regarde ailleurs. Bonne idée. Sauf que tu sais comme moi que ce qui surgit aujourd’hui ressurgira encore et encore. Il y aura d’autres étincelles qui vont créer le même feu en toi et tu ne pourras plus dire que c’est moi qui en suis cause. Je ne suis que le catalyseur de ce qui brûle en toi. Ne vois en moi que cela. Ne me juge pas, tu ne me connais pas.

Je m’en veux d’écouter cette voix qui crie. Cette voix qui crie en moi. Cette voix cause de malheur, de douleurs, de pleurs. L’équilibre que j’avais réussi à créer tenait pourtant si bien, le ciment de mon mur était pur. Alors pourquoi ? Pourquoi aujourd’hui ?

Parce que tu fais partie de ceux qui ne se posent que pour mourir. Et que tu sens que tu es en train de te compromettre et de toucher terre.

Mais c’est une vision si égoïste que je ne peux y adhérer ! Parfois être soi-même ne fait que créer la douleur. Tu sais que je l’aime.

Oui, oui, je sais c’est bon. Je sais aussi que tu es prête à toutes les compromissions pour cet amour. Pour ne pas faire de mal. Sauf peut-être à toi ?

Mais ça ne me fait pas si mal. Peux-tu appeler douleur la force de ses baisers ? Peux-tu appeler douleur ses yeux amoureux ? Peux-tu appeler douleur sa certitude en notre avenir ? Est-ce que je me renie tant que ça pour un bonheur comme cela ?

….

Tu ne dis plus rien ? T’aurais-je convaincue conscience frelatée ?

Moi, non. Nullement convaincu. Par contre, il faut croire que tu as réussi à te convaincre toi. Dans ce cas, je n’ai plus mon mot à dire. Qui vivra verra.

Livres de jours de blocage

131334966_4ea25ffd8a.jpgQuelques livres que je conseille à ceux qui vivent une paralysie générale de leur économie et sont coincés dans leur ville:
Journal d'un tueur sentimental de Luis Sepulveda
Les roses d'Atacama du même auteur
Mon oncle le Jaguar de João Guimarães Rosa
Les oeuvres complètes de Hermann Hesse

Un peu de chez moi et de soleil

Un lien vers Un chanteur qui a bercé mes oreilles et fait bouger mes ptits pieds de margouillate métisse

http://www.deezer.com/track/237044

min_Ziskakan.jpg

28.11.2008

En relisant Siddharta de Hesse, me suis souvenue de ce poète bengali

«Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.»

Rabindranàth Tagore

Peire Raimon

troubadourXIII.jpgLe blocage ici a cela de bien qu'il me fait alimenter ce blog soit par mes écrits nouveaux, soit par mes écrits anciens, soit encore par mes découvertes...Aujourd'hui, je vous présente le poème d'un troubadour toulousain...ça remonte les siècles...

Petite biographie:
"Peire Raimon de Toulouse, le Vieux, était fils d’un bourgeois. Il
se fit jongleur et s’en alla à la cour du roi Alfonse d’Aragon
(1162-1196); et le roi l’accueillit et lui fit grand honneur. Il était
savant (en poésie) et subtil; il savait bien chanter et bien trouver,
et il fit de bons vers, de bonnes chansons et de bonnes compositions;
et il resta à la cour du roi et du bon comte de Toulouse, son
seigneur, et à la cour du seigneur Guilhem de Montpellier, longtemps.
Puis il prit femme à Pamiers, et c’est là qu’il mourut."

L'un de ses poèmes:

I.–Maintenant j’ai bien appris d’Amour comment il sait frapper de son
dard; mais comment ensuite il sait gentiment guérir, cela je ne le
sais pas encore. Je connais le médecin qui seul peut me donner la
santé, mais à quoi cela me sert-il, si je n’ose lui montrer ma plaie
mortelle?
II.–Je mourrai par ma sottise, car je ne vais pas lui montrer et dire
la douleur qui me fait souffrir; personne ne peut me donner un remède
contre cette douleur sauf la dame gaie et courtoise, que j’aime et que
je chéris tant que je n’ose lui crier pitié, tellement j’ai peur que
cela lui déplaise.
III.–J’ai un grand désir de pouvoir venir à genoux vers elle, d’aussi
loin qu’on pourrait la voir, de venir vers elle mains jointes, lui
faire hommage, comme un serf doit le faire à son seigneur, et en
pleurant implorer sa pitié sans crainte des mauvaises gens.
IV.–Bonne dame où nous voyons tous biens naître comme graines et
fleurs, puisque je vous aime et vous désire tant, je vous crie pitié;
que pitié et ma bonne foi me viennent en aide auprès de vous, car je
garderai bien mon secret et je vous serai plus fidèle–que Dieu me
protège!–que Landric ne le fut à Aye.
V.–Qu’aucun homme ne me dise de flatterie pour entendre mon coeur
( c.-à-d . le fond de ma pensée, de mon coeur) (–car je saurai
lui dire gentiment un mensonge!–) pour que après qu’il m’aurait trahi
il criât ensuite ma sottise. Mais je suis si dur à l’épreuve que vous
pourriez me faire dire plutôt que la bure de presset est de la
laine.
VI.–Je veux prier Mon Diamant, que j’aime tant, de réciter ma chanson
à Toulouse.

27.11.2008

Liste des endroits ...

Où j'aimerais me rendre avant la fin de cette vie :)
-Sahara et Egypte
-Gobi
-Mongolie
-Saint Domingue (mais pas les hôtels)
-Nouvelle- Zélande
-Australie
-Afrique du Sud
-Bénin
-Kenya
-Sahel
-Madagascar (en long et en large)
-Jérusalem
-Liban
-Jérusalem
-Chili
-Ushuaïa
-Pérou
-Argentine
-Colombie
-Mexique
-Bresil
-Mali (Tombouctou surtout)
-Burkina Faso
-Soudan
-Congo
-Inde, New Delhi, Calcutta, Bombay
-Japon (mais uniquement les endroits traditionnels)
-le Cap vert (merci Stef, j'allais oublier)
-La nouvelle Calédonie...
-le Tibet
-la Birmanie

En route

58410.jpg


C’est par un beau matin clair que tu prendras tes affaires
Tu ne te retourneras en aucun cas, ton chemin filera droit

Sur la rondeur de cette terre tu as laissé une empreinte, un pas
Et des royaumes sans ombre tu as gardé la sauvage poussière

Mais il est temps, tu as entendu l’appel, tu as senti le vent
Tu t’es levé et d’un pied sûr, tu as franchi les rapides courants

Rien ne te fait dévier de cette étroite route qui t’a décidé
Des mystères subsistent mais tu n’y prêtes plus tes pensées

Ta loyale boussole ne te montre qu’un ultime grand Nord
Et ton navire fougueux refuse de s’embourber dans ces ports

Alors tu files, tu avances, tu détruis, tu ruines et défriches
Ce nouveau sentier, cette curieuse voie dont tu t’entiches

Une sourde colère gronde en toi, c’est l’orage qui te meut
Celui-là même qui naguère créait en toi les nuages bleus

En route, camarade, ce dernier chemin de guerre sera le tien.



Écrit le 27/11/08

Calvin Russell Crossroads

Les paroles d'une chanson découverte aujourd'hui...

Crossroads

I'm standing at the crossroads
There are many roads to take
But I stand here so silently
For fear of a mistake
One road leads to paradise
One road leads to pain
One road leads to freedom
But they all look the same.

I've travelled many roads
And not all of them where good
The foolish ones taught more to me
Than the wise ones ever could
One road leads to sacrifise
One road leads to shame
One road leads to freedom
But they all look the same.

There were roads I never travelled
There were turns I did not take
There were mysteries that I left unravelled
But leaving you was my only mistake.

So I'm standing at the crossroads
Imprisoned by this doubt
As if by doing nothing
I might find my way out

One road leads to paradise
One road leads to pain
One road leads to freedom
But they all look the same

26.11.2008

L'ignorant

Voici un poème d'un auteur que j'ai appris à lire, à apprécier... "Jaccottet", toujours vivant et dont les mots interrogent ce silence en nous, ces sentiments que nous ne pouvons saisir...Il travaille sur notre impalpable..Ce poème s'appelle L'ignorant et c'est en ignorante que je le lis encore en cette après midi de blocage en Guyane. (Pour ceux qui ne le savent pas, une grande majorité d'ailleurs, la Guyane est en ce moment complètement paralysée par un mouvement qui se bat pour faire baisser le prix de l'essence ... nous sommes le département français avec le prix à la pompe le plus cher : 1.77 ... il est prévu encore une augmentation en janvier... Ici nous sommes tous solidaires malgré quelques "échauffourées" comme on peut le lire ds un journal réunionais....l'ambiance est plutôt bon enfant et les barrages bien acceptés...) (enfin je m'éloigne de la poésie...)



Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance,

plus j'ai vécu, moins je possède et moins je règne.

Tout ce que j'ai, c'est un espace tour à tour

enneigé ou brillant, mais jamais habité.

Où est le donateur, le guide, le gardien ?

Je me tiens dans ma chambre et d'abord je me tais

(le silence entre en serviteur mettre un peu d'ordre),

et j'attends qu'un à un les mensonges s'écartent :

que reste-t-il ? que reste-t-il à ce mourant

qui l'empêche si bien de mourir ? Quelle force

le fait encor parler entre ses quatre murs ?

Pourrais-je le savoir, moi l'ignare et l'inquiet ?

Mais je l'entends vraiment qui parle, et sa parole

pénètre avec le jour, encore que bien vague :

« Comme le feu, l'amour n'établit sa clarté

que sur la faute et la beauté des bois en cendres... »

t-T.Dohollau__Jaccottet.jpg

25.11.2008

de l'inaccessibilité des choses

"ce n'est pas pas parce que les choses sont inaccessibles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles nous semblent inaccessibles"
Sénèque

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