Hommage ce matin à un poème qui pour moi a longtemps été une lumière....
SI...
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils
R. Kipling
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Snow Cake (Marc Evans, 2007)
Bon je me remets aux critiques de films...histoire de remettre un peu de vie dans de blog:) Voilà un film que j'ai vu depuis quelques temps: Snow Cake
Un film qui nous vient des grands froids canadiens mais qui réchauffe le cœur et l’esprit par sa finesse, Snow Cake nous conte l’histoire d’un homme qui réapprend à être dans la vie, à se libérer du poids d’un passé plutôt lourd grâce une femme autiste… Alex (interprété par Alan Rickman), qui sort à peine de prison accepte de prendre en auto-stop Vivienne (Emily Hampshire), jeune fille bavarde et pleine de joie de vivre, mais sur la route un camion les percute. Vivienne est tuée sur le coup. Alex décide de retrouver la mère de Vivienne et de lui apporter les cadeaux que sa fille avait eu le temps de lui acheter. Il va, en croisant la route de Linda (Sigourney Weaver), la mère de Vivienne, faire une rencontre percutante qui va changer sa vision de la vie et la vision qu’il avait de lui-même.
Un film qui fait prendre conscience qu’il faut à tout prix saisir les petits moments de l’instant présent, même s’ils n’ont pas de sens, apprécier les parcelles d’éternité qui se cachent dans les choses simples de la vie. Une des répliques et aussi une scène culte de ce film c’est peut-être lorsque Sigourney Weaver, incarnant la mère autiste venant de perdre sa fille, est allongé dans la neige et se met à la manger. Elle compare alors le fait de manger de la neige à ce que l’on peut ressentir lors d’un orgasme en mille fois mieux…c’est cette image du bonheur fait de choses simples et dans l’instant présent malgré les douleurs qui peuvent nous entourer que l’on retiendra de ce film où tout est dans la justesse de l’expression des sentiments. Sigourney Weaver nous montre là encore toute sa palette d’artiste, puisqu’elle est capable d’incarner la dureté masculine dans des films comme Alien et des personnages plus sensibles, touchants de vérité dans un film comme celui-ci où elle fait figure de diamant au milieu d’une gangue (les autres personnages manquent parfois un peu de profondeur).
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La Vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck, 2007)
Dans la suite logique de films comme Good Bye Lenin, l’Allemagne se plonge dans les secrets de son passé et elle le fait bien…Ce premier long métrage de Florian Henckel von Donnersmarck retrace avec virtuosité, sans tomber dans le mélodrame, une période trouble de l’Allemagne, celle d’avant la chute du Mur de Berlin.
Le réalisateur explore l’Allemagne de l’Est soumise à la surveillance constante d’hommes formés à ne plus être que des machines à contrôler la conformité de tous les esprits à la bonne pensée du Parti communiste. Florian Henckel von Donnersmarck a choisi de nous faire entrer dans le milieu de l’élite intellectuelle de l’époque, mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas tout à fait de culture dont il est question, même si celle-ci est la médiatrice par excellence, mais du fait d’être homme, humain plutôt. Nous assistons ainsi à la lente transformation d’une machine de la Stasi en un être humain capable, de nouveau, après des années de formatage à l’esprit du Parti, de ressentir des émotions, même si ce n’est que par procuration : « Wiesler », un agent secret, est chargé de la surveillance d’un metteur en scène et de sa compagne actrice. Il va ainsi épier le couple jour et nuit et progressivement devenir ce qu’il était déjà au fond de lui…
Un film en allemand, qui se veut miroir d’une période historique, long de deux heures, voilà de quoi faire reculer bon nombre de spectateurs…et pourtant ne vous laissez pas impressionner, c’est une véritable leçon d’humanité!
